Marche sur le feu

29 décembre 2009 | Lecture de 3 minutes

Marche sur le feu

Dans cette période de carême, et de privation, la communauté hindouisme de la réunion, se prépare à franchir un tapis de braise.
Devenue un spectacle, un loisir pour les réunionnais, et un moyen d’attirer les touristes pour d’autres, la marche sur le feu révèle autres choses que cette aspect festif.
Essayons ici seulement de voir et de comprendre ce qu’est la marche sur le feu, ses origines, sa conation religieuse et bien d’autre chose.

Les origines de la marche sur le feu

La pratique de la marche sur le feu à la Réunion a commencé à se mettre en place par les engagés de l’Inde venus à la Réunion pendant le XIXème.
Mais sa véritable origine se trouve au-delà des océans, en Inde, dans le mythe du Mahâbhârata : Draupadî (Dolvédé à la Réunion), aussi appelée Pandjalî (Pandialé), devint la femme du héros Arjuna. Ce dernier membre d’une famille de 5 frères, nommés les Pandavas.
Dans cette période, existait 99 démons, qui en voyant Pandjalî, son mari et ces 4 frères, lança une rumeur (expression française pour traduire en créole le mot de : « la di la fé »), au sujet de Draupadî, qui se partageait avec les frères de son mari.
Pour prouver sa chasteté, et montrer qu’elle disait la vérité, Draupadî marcha dans les flammes d’un feu, qui ne la brula pas. Comme derrière tous les épisodes mythologiques se cache et se révèle ici plusieurs enseignements profond (dont une, que peut importe les « la di la fé », c’est la vérité qui triomphe). C’est ainsi par exemple qu’on considère Draupadî comme une représentation de la force cohésive.

Les préparatifs

La marche sur le feu à la Réunion se situe à la fin d’une période rituelle de dix-huit jours, en principe. Les marcheurs, sous la houlette du prêtre, vont pendant ce laps de temps se purifier par le carême et l’abstinence, de même qu’ils vont s’imprégner des éléments mythologiques liés à leur acte grâce à des récits, voire des représentations du Mahâbhârata (Barldon), effectués tous les soirs au temple. Je passerai sur les diverses cérémonies et pujâ qui prennent place durant cette période, pour insister sur quelques moments marquants le dernier jour.

Les marcheurs, le prêtre, et d’autres personnes qui participeront activement à la cérémonie – par exemple en accomplissant le vœu de faire le tour du tikouli en se prosternant – se rendent au bord de la mer ou de la rivière. Ils y procèdent à divers rituels sous les yeux de la divinité dont la statue a été conduite jusque là dans un char. Le prêtre placera notamment un Karlon sur la tête de certains pénitents. D’autres préparatifs se poursuivent pendant ce temps à la chapelle.

Le rituel du feu

En fin d’après midi, la procession fait son retour au temple après une purification à la rivière et une logue marche j’usqu’au temple. On procède à une ultime purification des lieux et des participants, traversant le « trou de feu » d’un pas calme et assuré. Les dieux regardent. Parmi eux on ne manque pas de remarquer une imposante tête rouge : c’est celle d’Alvan, un des fils d’Aldunin dans la version tamoule du Mahâbhârata. Il fit le sacrifice de sa personne, découpant son corps en trente-deux morceaux avant la Grande Bataille, pour assurer la victoire du clan des Pândava sur les Kaurava. Sa tête restée vivante fut témoin de l’affrontement terrible qui eut lieu sur la plaine du Kurukshetra. Pareillement cette tête, symbole du sacrifice de soi-même, jette aujourd’hui son regard sur ceux qui font le don d’eux-mêmes en marchant sur le feu.
Après son passage, le prêtre bénit chacun des marcheurs qui vont traverser le champ de braise. Certains portent le karlon. On traverse seul, mains jointes, la marche toujours lentement, sans montrer ni crainte ni douleur. Si l’on presse le pas, si l’on chute ou on se brûle, c’est que l’on n’a pas su se purifier… cela n’arrive qu’exceptionnellement. La traversée se répète encore deux fois, normalement, dans le silence ou au contraire les invocations ferventes de l’assistance. A la fin de cette marche, une dance (Le Mangalam) de victoire est faite autour du feu pour symboliser la victoire du bien sur le mal. Ensuite différents sacrifices d’animaux sont faîtes selon la tradition.

Les principaux dates et lieux du culte du feu

Les marches sur le feu se déroulent la plupart du temps le 1er et le 2 janvier. Dans l’est on peut assister à ses marches sur le feu, à Saint-André (temple du colosse, ravine creuse (2 janvier)), à Saint-Benoît (Beaufond)….

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