Grand-mère kalle

24 février 2010 | Lecture de 3 minutes

Grand-mère Kalle


L’histoire de grand-mère Kalle est une légende dans la culture des réunionnais (plusieurs versions de l’histoire existent). Grand-mère Kalle est un personnage effrayant dont on continue à raconter aux enfants pour les faire peur quand ils sont désobéissants. La légende se transmet de génération en génération.

Première version

Selon une version de la légende, Grand-mère Kalle était une vieille femme qui habitait une case près du pont de la Ravine des Cafres, à Mahavel. Elle cachait chez elle des condamnés et quand quelqu’un passait à proximité de sa case elle l’invitait à boire le café et un petit verre de rhum. Si le voyageur portait de l’argent sur lui, les condamnés le suivaient sur le chemin, et au passage de la Ravine des Cafres, ils le dévalisaient puis le précipitaient au fond du ravin. Cette femme a fait commettre tant de crimes par ses condamnés, que lorsqu’elle est morte, son âme s’est envolée par la toiture de sa case. Désormais, elle n’a plus de tête et porte un grand chapeau au bout de son cou. Elle passe annoncer la mort la nuit en rodant près des cases.

Elle vient chaque fois que quelqu’un est gravement malade. Si elle ricane d’une voix sinistre, elle annonce la mort. Si au contraire elle passe en pleurant, c’est bon signe pour le malade.

Deuxième version

Dans une autre version, on raconte que cela s’est passé au temps des esclaves. Il y avait une grande plantation, appartenant à une vieille et méchante femme. Elle maltraitait ses esclaves pour un rien et leurs faisaient travailler à bout de force.

Un jour, arriva chez elle un esclave différent des autres. C’était un esclave venu de Gorée sur la côte Ouest de l’Afrique. Il était grand, fort et intelligent. Elle l’avait acheté pour en faire un commandeur, comme ça, il materait les plus fortes têtes. Mafate, c’était son nom, vit comment elle traitait les esclaves et ne put le supporter.

Alors, un soir, il s’en alla marron dans la forêt. Il marcha plusieurs jours et plusieurs nuits. Enfin, il arriva à une grande vallée où coulait une rivière. Il l’avait remontée, glissant maintes fois sur les galets. De grandes montagnes la surplombaient, des tamarins centenaires offraient leurs ombrages protecteurs, la rivière débordait de crevettes, de camarons et de poissons. De grands arbres se penchaient et offraient leurs fruits.

Quand il vit ceci, il se dit : » C’est un endroit merveilleux! Comme ce serait bon d’y vivre, les esclaves de la Grand Mère Kalle seraient heureux ici !  » Alors, un soir, il retourna à la propriété et invita tous les esclaves à un grand Kabar et leur raconta ce qu’il avait vu. Ils firent ensemble un plan et décidèrent de s’évader après avoir mis le feu à l’habitation pour détourner l’attention. Malheureusement, un des esclaves était un macrotin. Il alla raconter toute l’histoire à la Grand mère Kalle.

Le lendemain, les esclaves eurent la douloureuse surprise d’être entourés par les propriétaires voisins armés jusqu’aux dents. Mafate réussit à s’échapper, mais au moins dix esclaves périrent dans l’opération. Alors Mafate se mit en colère. Il connaissait les plantes, il cueillit des herbes et en fit une mixture pour la faire boire à Grand Mère Kalle. Ce fut une de ses esclaves qui lui servit.

Aussitôt dans un cri de douleur, la vieille femme se transforma en un grand oiseau couleur de nuit qui s’enfuit vers la forêt en hurlant « Tout ! Tout ! ». C’est ainsi qu’elle eut pour punition de venir prévenir les familles qu’un malheur allait s’abattre sur elles.

Ses esclaves s’enfuirent dans le cirque désormais appelé le Cirque de Mafate. Ils vécurent là, libres et heureux pendant de longues années sous la conduite de Mafate qui était également leur chef.

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